ANALYSES TACTIQUES ET STRATÉGIQUES
LA TACTIQUE
La tactique, du grec taktikos (art d’arranger), concerne l’organisation et l’emploi des forces sur le champ de bataille : infanterie, cavalerie, artillerie, aviation tactique. Elle vise à obtenir le maximum d’effet dans l’engagement direct. Le comte de Guibert (1770) la définissait comme l’art, sur le champ de bataille, de concentrer ses forces en un point décisif. André Beaufre ajoutait : La tactique est très clairement l’art d’employer les armes dans le combat pour en obtenir le meilleur rendement.
En guérilla, elle repose sur une exploitation méthodique de la mobilité et de la surprise. Elle transforme des ressources limitées en avantages décisifs.
Ensuite, les embuscade et les attaques « frapper-et-fuir » (hit & run en anglais) constituent l’épine dorsale de ces techniques. Cela permet à des groupes restreints, souvent en ayant un rapport de force défavorable, de harceler des forces conventionnelles supérieures en nombre et en équipement.
De même qu’une autre tactique remarquable en Indochine. Le but fut pour le Viêt Minh, sois disant étant le plus faible, de faire plier la volonté de son adversaire en utilisant des moyens pour affaiblir sa force psychologique : le droit du sol, l’opinion publique, le nombre de morts, etc.
Mais encore par exemple, durant la guerre du Vietnam. Des tactiques comme l’utilisation de la piste Ho Chi minh, l’utilisation de réseau de tunnel, des pièges dévastateurs. L’entre aide avec les paysans sud vietnamiens en gagnant leur coeurs et leur esprits, eurent un effet décisif sur l’issue de la guerre.
LA STRATÉGIE
Origines et définitions classiques
Le terme stratégie provient du grec strategos (un strategos était un magistrat élu ou coopté qui dirigeait notamment les questions de politique militaire d’Athènes) et désigne, depuis l’Antiquité, l’art de coordonner au plus haut niveau l’action des forces armées pour conduire une guerre ou préserver la paix. Parallèlement, la politique oriente, délimite et organise les stratégies militaire et diplomatique pour réaliser les buts de guerre ou paix. La stratégie, à son tour, oriente, délimite et organise les batailles dans lesquelles se trouvent des combats tactiques.
D’un autre point de vue, selon l’OTAN, Le concept stratégique est un document qui établit la stratégie de l’Alliance. Il explique ce qu’est l’OTAN et quelle est sa vocation, énonce ses tâches de sécurité fondamentales et décrit les défis et les possibilités qui se présentent à elle dans un environnement de sécurité en évolution. Il définit l’approche de l’Alliance en matière de sécurité et donne des orientations pour son adaptation politique et militaire.
Antoine de Jomini voyait la stratégie comme « l’art de faire la guerre sur des cartes », tandis qu’André Beaufre la définissait comme « l’art de la dialectique des volontés employant la force pour résoudre leur conflit ».
Carl von Clausewitz, dans « De la guerre », donne la formulation la plus claire : « La tactique est la théorie de l’emploi des forces dans l’engagement alors que la stratégie est celle de l’emploi de l’engagement en vue de la décision finale. » Napoléon, dans Le Mémorial de Sainte-Hélène, tranchait simplement : La stratégie est l’art des plans de campagne et la tactique, l’art des batailles.
Corrélation
Évolution historique
Depuis l’Antiquité (Sun Tzu et son approche indirecte, autre temps est lieu avec Hannibal), en passant par le Moyen Âge (encerclement mongol) et l’époque napoléonienne (mouvement et concentration), la distinction s’est affirmée.
Au XXe siècle, les guerres mondiales et la guerre froide ont intégré de nouvelles technologies : blindage, aviation, drones sans jamais effacer la hiérarchie. La stratégie reste politique, la tactique reste une exécution des tâches confiées.
En guerrilla, la stratégie change de nature : elle n’est plus seulement militaire mais aussi politique.
Objectif principal : conquérir le soutien populaire (Le guérillero est comme poisson dans l’eau, selon Mao). Il doit user l’ennemi par attrition prolongée, et combiner propagande avec des opérations psychologiques.
Mao Zedong, dans Sur la guérilla (1937), structure trois phases : 1) création de bases avec soutien populaire, 2) attaques sur institutions, 3) passage à la guerre conventionnelle.
Che Guevara, dans La guerre de guérilla (1964), développe la théorie du foco : un petit groupe peut déclencher la révolution en répondant à la colère populaire. Robert Taber (The War of the Flea, 1977) résume : faibles moyens, impact politique maximal. La devise est claire : « L’ennemi avance, nous reculons ; l’ennemi campe, nous harcelons ; l’ennemi se fatigue, nous attaquons ; l’ennemi recule, nous poursuivons.
